Linda* est une mère et une épouse qui a perdu sa famille lors du génocide de 1994 contre les Tutsi, au Rwanda. Elle était âgée 16 ans le jour où des hommes armés attaquèrent sa maison à Bugesera, une ville de l'est dupays , et ont brutalement tué ses parents, ses frères et sœurs et ses amis.

« J'ai tout perdu. C'était difficile de continuer à vivre. J'étais tellement blessée; mon cœur saignait », dit-elle.

Lorsque les meurtres ont cessé, Linda a lutté pendant des années pour coexister avec les dures blessures invisibles du fait d'avoir été témoin du meurtre de son père, sa mère et ses frères par des voisins.

« Imaginez voir la femme de quelqu'un qui a tué votre famille, lui apporter de la nourriture en prison pendant que vous mourez de faim sans rien manger », dit-elle.

L'expérience traumatisante a laissé des blessures trop profondes pour que Linda puisse guérir d'elle-même. Cette femme n'était pas la seule à subir une forme de souffrance physique ou émotionnelle à cause du génocide de 1994 contre les Tutsi, au Rwanda.

Des membres du village de réconciliation partageant leurs expériences. Crédit photo: Interpeace

Elle a finalement eu le courage de surmonter son traumatisme après avoir participé à un programme de guérison sociale dans le village de réconciliation du Bugesera, créé par Prison Fellowship Rwanda (PFR). Cependant, de guérir de sa détresse et de son extrême paranoia n'a pas été chose facile pour elle.

« D'abord, nous n'étions pas contents de savoir que les auteurs ont avoué et ont été libérés de prison. Nous pensions qu'ils viendraient nous achever », déclare Linda.« Quand nous fûmes réunis, j'avais peur. Dans ce village de réconciliation, les survivants et les auteurs du génocide ont collaboré à la maçonnerie. J'ai souvent eu peur que dans le processus, l'un d'eux [les auteurs du génocide] me frappe avec une houe par derrière », a expliqué Linda.« Mais avec le temps, je leur ai pardonné. Personne ne m'a forcé à pardonner. Malgré ce qu'ils ont fait, la réconciliation est possible. Nous sommes l'histoire », déclare-t-elle.

Des membres du village de réconciliation partageant leurs expériences. Crédit photo: Interpeace

Le village de réconciliation accueille des survivants et des auteurs du génocide, des rapatriés de l'étranger qui ont fui les atrocités et des personnes vulnérables de différentes communautés.

« Il a été difficile de regarder dans les yeux quelqu'un qui a tué ma famille. » a déclaré Linda.

De son côté, Jean-Pierre*, ancien prisonnier lié au génocide, affirme :

« J'avais peur d'affronter les familles des personnes que j'ai tuées pendant le génocide. Mais avec les conseils de Prison Fellowship Rwanda, j'ai décidé de m'ouvrir et de confesser ce que j'avais fait. J'ai également avoué à ma femme, à qui j'avais menti depuis le début en disant que j'ai été injustement emprisonné. Je lui ai dit la vérité, que j'avais tué nos voisins. Elle était choquée. Ma femme et mes enfants ont été traumatisés après avoir appris la vérité ».

Des membres du village de réconciliation partageant leurs expériences. Crédit photo: Interpeace

Un nouveau programme pour favoriser la guérison sociétale

L'impact négatif du génocide pèse encore aujourd'hui lourdement sur la société rwandaise. Le pays est toujours aux prises avec un fardeau de traumatismes et de problèmes de santé mentale. La libération de certains génocidaires qui ont terminé leur peine de prison a rendu la situation encore plus difficile.

Interpeace a lancé un nouveau programme innovant et holistique de guérison des traumatismes au Rwanda pour accroître les investissements dans la santé mentale, lutter contre les traumatismes et renforcer la cohésion sociale. Le programme intitulé « Renforcer la capacité des communautés à assurer la cohésion sociale par la guérison des traumatismes sociétaux » a été lancé à Kigali, le jeudi 15 Octobre 2020.

Le secrétaire exécutif de la NURC, Fidèle Ndayisaba, l’ambassadeur de l'UE au Rwanda, Nicola Bellomo et le président d'Interpeace, Scott M. Weber. Crédit photo: Interpeace

Grâce à un partenariat avec la Commission nationale pour l'unité et la réconciliation (NURC) et Prison Fellowship Rwanda, il contribuera aux efforts du Rwanda pour traiter les blessures invisibles mais profondément ressenties et complètera les investissements et les progrès remarquables déjà réalisés par le gouvernement du Rwanda et les organisations locales de la société civile pour la guérison des traumatismes, la cohésion sociale et l'amélioration des moyens de subsistance.

« Ce programme qui propose des approches innovantes et holistiques qui promeuvent simultanément la santé mentale, la cohésion sociale et soutiennent des moyens de subsistance durables est une nouvelle contribution à notre voyage de réconciliation », a déclaré Fidèle Ndayisaba, secrétaire exécutif de la NURC. : « Il existe une relation très étroite entre la santé mentale, la réconciliation et le bien-être économique. Nous attendons de la valeur ajoutée de ce programme», affirme-t-il.

Fidèle Ndayisaba, secrétaire exécutif de la NURC. Crédit photo : Interpeace

The programme will enhance capacities to address trauma and foster societal healing in Rwanda. As the country prepares to release over 20,000 prisoners in the next few years - amidst the prevailing trauma among survivors - the programme will support individuals grappling with anxiety and trauma, and the host communities to ensure effective reintegration.

« Les détenus n'ont pas vu les énormes changements que la société rwandaise a connus après avoir passé 26 ans entre les barreaux. Ils doivent pouvoir être en mesure de s'intégrer au processus de réintégration dans les communautés » a déclaré Scott Weber, président d’Interpeace. « La population carcérale doit refaire partie de la population active de la société. Personne ne veut revenir en prison à cause de nouveaux crimes », a-t-il ajouté.

Scott M. Weber, président d'Interpeace. Crédit photo : Interpeace

Ce programme de guérison des traumatismes est encore plus important pour les familles dont les enfants ont subi un traumatisme intergénérationnel négatif, où les jeunes qui n'ont pas vécu le génocide ont encore des troubles de stress post-traumatique ou d'autres expériences négatives importantes.

« La réconciliation est un voyage », a déclaré Mgr John Rucyahana, président du conseil d'administration de Prison Fellowship Rwanda. « Deux têtes valent mieux qu'une », affirme-t-il, en se félicitant du partenariat avec Interpeace pour suivre le rythme des besoins.

L'ampleur de ceux-cià travers le Rwanda montre à quel point il est important pour Interpeace, NURC et PFR de s'unir et d'aider les Rwandais à prendre soin de leur bien-être mental mutuellement.

Mgr John Rucyahana, président du conseil d'administration de Prison Fellowship Rwanda. Crédit photo: Interpeace

Le programme est financé par l'Union européenne (UE) et sera testé dans le district de Bugesera au cours des 18 prochains mois. Le Bugesera et Ngoma sont parmi les districts les plus durement touchés par le génocide contre les Tutsi.

« Nous sommes particulièrement contents de soutenir cette initiative, étant donné notre longue implication dans les efforts de réconciliation et de consolidation de la paix après le génocide au Rwanda », a déclaré Nicola Bellomo, ambassadeur de l'UE au Rwanda.

Nicola Bellomo, ambassadeur de l'UE au Rwanda. Crédit photo: Interpeace

L'enquête sur la santé mentale des ménages au Rwanda menée en 2018 a révélé une forte prévalence des troubles de santé mentale dans tout le pays, en particulier chez les survivants du génocide; parmi eux, des cas de syndrôme de stress post-traumatique (SSPT) ont été trouvés dans plus de 50 % des cas. Interpeace et ses partenaires espèrent étendre ce programme de guérison sociétale aux 30 districts du Rwanda au cours des cinq prochaines années.

 

*Names changed for privacy reasons

Un conflit entre une milice locale et les forces gouvernementales nationales en 2016 a transformé la région relativement calme du Kasaï en République démocratique du Congo (RDC) en une scène de violent conflit intercommunautaire. Au moins 5 000 personnes sont mortes et 1,4 million d'autres ont été déplacées par deux années de violence. Depuis la fin des combats en 2018, les tensions ethniques ont continué à couver, suscitant de graves inquiétudes quant à la possibilité d'une résurgence de la violence. Dans un nouveau rapport, Interpeace appelle à des actions inclusives et coordonnées pour faire face aux tensions naissantes et favoriser la paix, la réconciliation et le développement.

Le rapport, intitulé « Défis et priorités pour la paix au Kasaï et Kasaï-Central », présente les résultats d'une recherche-action participative menée dans le cadre d'une initiative lancée en 2019 par Interpeace avec ses partenaires Action pour la paix et la concorde (APC), Commission diocésaine Justice et Paix (CDJP) et Travail et Droit de l'Homme (TDH) pour aider à rétablir la confiance et la collaboration entre les communautés, les autorités nationales, le pouvoir coutumier et les forces de sécurité. Le rapport s'appuie sur de larges consultations menées entre octobre et décembre 2019 auprès de 426 citoyens afin d'identifier les causes sous-jacentes de la violence, les capacités de résilience disponibles et les priorités pour la paix, la sécurité et le développement dans la région. Il est également axé sur les résultats d'une enquête quantitative menée auprès de 848 personnes sur l'état du conflit, la sécurité, les niveaux de traumatisme, la confiance et les conditions socio-économiques dans les sites d'intervention.

Le rapport identifie cinq grandes questions litigieuses à l'origine des conflits au Kasaï et au Kasaï-Central. Il s'agit notamment de l'instrumentalisation du pouvoir coutumier à des fins politiques, de la concurrence ethnique pour accéder au pouvoir politique et économique et du manque de confiance dans les autorités nationales et les institutions de l'État. Le rapport présente également certains des obstacles au maintien de la paix. Parmi ceux-ci, figure la crise humanitaire causée par la violence, qui a créé des tensions entre les personnes déplacées et les communautés d'accueil qui se disputent la nourriture, l'accès à l'eau, les soins et l'éducation. Les traumatismes, les difficultés économiques et la méfiance à différents niveaux des sociétés sont également quelques-uns des obstacles à la cohésion pacifique.

Pour garantir le maintien de la paix, le rapport propose des recommandations clés pour restaurer la confiance et la réconciliation au sein des communautés et avec les autorités nationales. Les initiatives d'éducation à la paix doivent encourager et soutenir les individus à adopter la tolérance et le dialogue pour résoudre les conflits. Il faut faciliter un dialogue soutenu entre les chefs coutumiers, les communautés, les autorités et les forces de sécurité pour améliorer la gouvernance, prévenir la violence et promouvoir la réconciliation. Un programme multisectoriel de guérison des traumatismes doit être mis en place et des efforts sont nécessaires pour soutenir la démobilisation et la réintégration des anciens miliciens dans les communautés afin de réduire l'insécurité et de promouvoir la réconciliation. Enfin, le rapport recommande d'utiliser les possibilités de consolidation de la paix économique pour améliorer les conditions de vie de la population tout en renforçant la cohésion sociale.

De mars à août 2020, les résultats préliminaires et les recommandations du rapport ont été présentés aux acteurs locaux, provinciaux et nationaux pour validation. Pour la première fois depuis le conflit, les membres des communautés, les chefs coutumiers, les autorités et les forces de sécurité ont été réunis pour discuter et parvenir à une compréhension commune des défis et des priorités de la paix. Cela en a fait un outil puissant non seulement pour la recherche, mais aussi pour la construction d'un consensus, la réduction des tensions et le déclenchement d'une action collective avec une forte adhésion locale.

En s'appuyant sur cette dynamique positive et sur la récente amélioration de la sécurité dans la région, le moment est venu pour les décideurs nationaux et internationaux de comprendre et d'aborder les priorités identifiées par la population pour prévenir la reprise des conflits violents et faire progresser la réconciliation ainsi qu'un développement socio-économique inclusif.

Lire le rapport complet en français

Lire le résumé et l'infographie en français

Lire le résumé et l'infographie en anglais

La justice en Guinée-Bissau est considérée comme la pierre angulaire de la paix entre citoyens. Cependant, le mauvais fonctionnement et la mauvaise administration du système judiciaire, combinés à des problèmes de corruption et d'impunité généralisée, ont entravé la gouvernance efficace du secteur de la justice dans le pays. Les pratiques traditionnelles ou informelles de justice sont très appréciées par la population en Guinée-Bissau et sont profondément ancrées dans les coutumes des différentes communautés qui comptent sur elles pour la résolution de nombreux conflits. Bien que ces pratiques offrent des avantages en termes de coûts et d'accessibilité physique, des recherches ont montré comment ces mécanismes de résolution des conflits affectent de manière disproportionnée les secteurs vulnérables de la population.

Le secteur de la justice en Guinée-Bissau est donc très complexe et caractérisé par une pluralité de pratiques, où le système de justice formel coexiste avec des structures informelles et traditionnelles. L'insatisfaction générale à l'égard du secteur, causée par des facteurs et des acteurs négatifs, tant dans les pratiques formelles qu'informelles, souligne la nécessité d'une amélioration. Au cours de la dernière décennie, le secteur de la justice a fait l'objet de réformes, mais le processus s'est heurté à des difficultés récurrentes dans sa mise en œuvre. Dans ce contexte, Interpeace et son partenaire local Voz di Paz ont cherché à créer de nouveaux mécanismes et capacités pour une citoyenneté active, habilitée à suivre, de même qu’évaluer et défendre des politiques publiques adéquates dans le secteur de la justice. Un point de départ essentiel a été l'établissement d'un baromètre participatif pour fournir des données crédibles, indépendantes et représentatives sur la situation dans le pays, afin de contribuer à une participation accrue des citoyens à la gouvernance locale de la justice.

The report entitled, “Sintidu di justisa” (The Sense of Justice) - Participatory barometer on the perceptions and experiences of the population: How to improve the governance of justice in Guinea-Bissau, presents the results of a research process carried out across the country between September 2018 and February 2020, engaging more than 4,250 people, including 3,400 direct interviews in 180 communities. The report highlights the main elements that make up the different dimensions of the justice sector, to better understand issues as the concept of justice, access to justice, the experience with justice proceedings, the role of citizens and the role of traditional justice mechanisms. Moreover, a gender analysis was also carried out as part of the initiative.

The overall findings of this initiative aim to provide a strong basis for structural improvements of the justice sector in Guinea Bissau. Participants described the formal justice procedures as neither sufficiently transparent nor egalitarian and identified some of the major obstacles preventing good governance in the justice sector, including corruption, limited access to justice, social and economic inequality, and a lack of trust in the judiciary system. Expressions like “Guinea-Bissau's justice is applied only to the poor” demonstrate the population's perception of the justice system – 55% of the participants think there is a lot of interference by influential people and 47% think influential people have a lot of impunity. While the fact that half of the population (54%) does not feel safe to report or testify, sheds light on real obstacles in justice practices.

Le baromètre ne montre pas seulement les défis et les faiblesses institutionnelles du système judiciaire bissau-guinéen, mais il met également en évidence les éléments du secteur judiciaire les plus pertinents pour la population. La grande majorité de la population (91 %) pense que certains conflits sont mieux résolus par la justice traditionnelle, qui est considérée comme la meilleure forme de résolution des conflits par 61 %, en raison de sa capacité de réconciliation et de sa connaissance de la réalité. En conséquence, la majorité de la population insiste sur le fait que le système judiciaire formel doit trouver des moyens de collaborer avec le système traditionnel dans la résolution des conflits. Par conséquent, les résultats du baromètre n'indiquent pas une dichotomie ou un conflit entre la justice formelle et la justice traditionnelle. Au contraire, ils signalent le besoin urgent d'un travail collaboratif et coordonné entre les deux systèmes.

En ce sens, l'étude formule également des recommandations, des solutions, des mesures et des actions essentielles pour réaliser les changements nécessaires dans le secteur de la justice afin de développer un système plus efficace et répondant aux besoins de la population.

Lire le rapport complet en anglais

Lire le rapport complet en portugais

Lire le résumé en anglais

Lire le résumé en portugais

Lire le résumé en français

La réconciliation peut-elle être durable entre les communautés qui ont connu les formes de violence les plus extrêmes ? C'est l'une des questions posées par 150 acteurs de haut niveau, lors d'un forum régional tenu en décembre 2015 à Kinshasa, où ils ont mandaté Interpeace et ses partenaires pour mener une recherche sur les expériences de réconciliation au Burundi, en RDC et au Rwanda, afin d'identifier comment ces expériences peuvent être mises à profit pour accroître la cohésion sociale et soutenir les efforts de consolidation de la paix. Les trois pays forment une sous-région des Grands Lacs qui a été marquée par des décennies de conflits violents, notamment le génocide contre les Tutsis, la guerre civile au Burundi et les première et deuxième guerres du Congo. Notre dernier rapport présente les résultats d'une recherche menée au Burundi, au Rwanda et dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) pour répondre à ce mandat en identifiant les capacités de résilience qui favorisent la réconciliation dans la sous-région.

Le rapport, intitulé « Capacités de résilience pour la réconciliation dans la sous-région des Grands Lacs », est le troisième publié dans le cadre du programme Cross-Border for Peace in the Great Lakes Region, lancé par Interpeace et six partenaires dans la région en 2011. Comme pour la recherche précédente, celui-cia utilisé la recherche-action participative (RAP), combinant des approches qualitatives et quantitatives, et a impliqué plus de 9 000 personnes dans la région - 50 % des participants étaient des femmes et plus de 30 % étaient des personnes de moins de 30 ans.

Faire progresser la réconciliation dans la région des Grands Lacs

Le rapport met en lumière la façon dont la population de la sous-région définit la réconciliation ainsi que les facteurs favorables et les obstacles à la réconciliation. Il met en évidence un certain nombre de capacités existantes dans la sous-région qui permettent aux populations de surmonter la méfiance laissée par des années de conflit et de vivre ensemble en paix. Ces capacités se manifestent à travers des pratiques individuelles, relationnelles, culturelles et institutionnelles, permettant aux communautés de faire face aux conséquences des conflits violents et, plus important encore, de transformer les relations de manière positive et durable. Le rapport présente également des recommandations et des actions prioritaires, formulées par les parties prenantes elles-mêmes, pour faire progresser la réconciliation dans la région.

Parmi les principales conclusions, l'étude souligne l'importance de l'éducation à la paix pour changer les attitudes des individus et des structures, déconstruire les préjugés et les stéréotypes et développer la capacité à vivre ensemble dans un espace régional partagé. En conséquence, les parties prenantes ont recommandé de promouvoir une éducation à la paix qui s'appuie sur les efforts existants des membres de la communauté et qui vise à construire une identité régionale et un sentiment d'appartenance.

Le rapport montre également comment les relations transfrontalières ont joué un rôle majeur dans le renforcement de la résilience aux conflits, malgré les tensions géopolitiques. Les efforts des femmes et des jeunes pour maintenir ces relations malgré et pendant les périodes de conflit ainsi qu'en temps de paix ont été perçus comme une force potentielle à exploiter. Par conséquent, les parties prenantes ont recommandé d'amplifier ces efforts par l'expansion et le renforcement de projets économiques inclusifs des femmes et des jeunes.

Selon l'étude, environ deux tiers de la population de la région ont subi une forme de violence liée au conflit. Le rapport souligne comment les traumatismes résultant des conflits passés et actuels jouent un rôle important dans la vie des populations de la sous-région des Grands Lacs. À ce titre, les parties prenantes ont recommandé de lancer et d'étendre les stratégies nationales et régionales de guérison des traumatismes qui sont conçues pour guérir les blessures du passé ainsi que pour favoriser la réconciliation et la cohésion sociale.

En outre, l'insécurité, et en particulier la prolifération des groupes armés dans l'est de la RDC et ses implications régionales, est apparue comme un défi important pour la durabilité des efforts de réconciliation. Les parties prenantes ont recommandé un apprentissage et une collaboration transfrontaliers en matière de démobilisation et de réintégration socio-économique des anciens combattants.

L'une des principales conclusions du rapport est que la reconnaissance, le renforcement et l'exploitation des capacités de résilience qui existent au Burundi, en RDC et au Rwanda ont le potentiel d'intensifier les efforts pour favoriser une paix et une réconciliation durables dans toute la région.

Programme transfrontalier pour la paix dans la région des Grands Lacs

The Cross-Border for Peace in the Great Lakes Region programme was launched in 2011 by Interpeace and its partners to address key challenges to peace and reconciliation. The programme is currently in its second phase and is implemented by the following partners: Interpeace, Réseau d'Innovation Organisationnelle (RIO); Action Pour la Paix et la Concorde (APC) in South Kivu; Pole Institute and Centre d'Etudes Juridiques Appliquées (CEJA) in North Kivu; Centre d'Alerte et de Prévention des Conflits (CENAP) in Burundi and Never Again Rwanda (NAR) in Rwanda. This report is the third published under this programme. The first, published in 2013 focused on "Stereotypes and Identity Manipulations” and a second report on "Land, Identity, Power and Population Movements" was published in 2016.

Pourquoi le genre est-il important dans la consolidation de la paix ? Les disparités entre les sexes constituent sans doute l'une des sources d'exclusion les plus profondes et les plus répandues au niveau mondial. Les conflits, et par conséquent la paix, sont profondément influencés par le genre et ont un impact sur celui-ci. Pour que les efforts de consolidation de la paix soient plus efficaces et plus durables, il est essentiel de mieux comprendre la dynamique sexospécifique des conflits et de mettre en œuvre des programmes tenant compte de la dimension de genre.

À l'approche du 20e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, nous sommes heureux de vous présenter la dernière édition du document d'Interpeace sur la consolidation de la paix en pratique, intitulé « Ten Foundations for Gender Inclusive Peacebuilding Practice ». Le document présente les leçons et les recommandations tirées de l'expérience et de la réflexion institutionnelle d'Interpeace sur la manière d'élaborer, de mettre en œuvre et d'évaluer des programmes intégrant la dimension de genre. Il vise à permettre aux praticiens et aux décideurs politiques de mieux comprendre la dynamique des conflits en fonction du sexe et d'élaborer des stratégies efficaces qui tirent parti d'une programmation intégrant la dimension de genre pour améliorer les pratiques de consolidation de la paix tout en faisant progresser l'égalité des sexes.

Lire l'article en anglais ici.

Lire l'article en français ici.

Les dix fondements suivants pour une pratique de la consolidation de la paix incluant le genre ont été identifiés à travers une série de réflexions programmatiques et institutionnelles.

 

 


Interpeace's Peacebuilding in Practice papers are designed to showcase insights from our programmatic work, and to contribute to knowledge sharing and learning within the organization and the wider peacebuilding sector. Previous Peacebuilding in Practice papers are available Cliquez ici.

La 8e édition des pourparlers de paix de Genève se tiendra le lundi 21 septembre 2020, Journée internationale de la paix. Cette année, les pourparlers de paix de Genève passent au numérique et seront retransmis en direct depuis Genève.

Le thème central pour 2020 est Façonner la paix. En ces temps de pandémie de la COVID-19 sans précédent, les pourparlers de paix de Genève visent à mettre en évidence notre interdépendance, car ce qui se passe dans une partie de la planète a un impact sur les populations du monde entier. La pandémie a dévoilé de profonds systèmes d'inégalité, de privilège et d'injustice qui prévalent dans les sociétés du monde entier. Nous sommes maintenant mis au défi de réfléchir à la manière dont nous pouvons façonner notre monde et à ce à quoi nous voulons que notre nouvelle « normalité » ressemble.

Nos deux modérateurs vous guideront à travers de courts exposés de personnes partageant leurs histoires et expériences personnelles, afin de mettre en lumière leurs efforts pour façonner la paix.

Conférenciers 

En savoir plus sur chaque intervenant sur genevapeacetalks.ch

Inscrivez-vous ici pour la diffusion Web en direct

Rejoignez la conversation sur # PeaceTalks sur Twitter @PeaceTalksTweet, Facebook @PeaceTalks.net et Instagram @peace_talks.

Les pourparlers de paix de Genève sont un événement public organisé par l'Office des Nations Unies à Genève, Interpeace,la Plateforme de consolidation de la paix de Genève, le gouvernement suisse et Salesforce pour célébrer la Journée internationale de la paix.